lundi 9 juillet 2012

Mon expérience olympique - Lucie Guay


Après Pierre Saint-Jean, Guylaine Bernier et Pierre Harvey, c'est maintenant au tour de la kayakiste Lucie Guay de nous parler de son expérience olympique.

Cette bachelière en éducation physique de l’Université d’Ottawa a connu ses moments de gloire entre 1975 et 1984. Durant ces 10 ans, Lucie Guay fut membre de l’équipe nationale participant à sept championnats du monde et à dix championnats canadiens.

Athlète accomplie, elle a participé aux Jeux du Canada disputés à Chicoutimi en 1983 en ... racquetball! La même année, elle fut triple médaillée d'or en kayak à la coupe du Commonwealth disputée en Écosse.

Lucie Guay aura été une athlète rayonnante de santé et de persévérance et demeure une conférencière recherchée pour la promotion de l’activité physique et du mouvement olympique.

Elle fut intronisée au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec en 1998.



Comment s'est déroulée votre qualification pour les Jeux olympiques? Y a-t-il eu beaucoup d'embûches en cours de route vers votre expérience olympique?

« Je ne connais pas d’athlète qui n’ont pas eu des embûches pour réaliser leur rêve olympique. Ma première tentative pour faire l’équipe olympique a été pour les Jeux de Montréal en 1976. J’aurais pu faire l’équipe, mais on m’a plutôt désignée comme remplaçante. Une expérience très difficile quand les Jeux sont à la maison. Une déception, mais j’étais jeune et on me disait que ma carrière était devant moi. »

« J’étais bien décidée à me qualifier pour les Jeux de 1980. Je me suis entraînée à fond de 1976 à 1980 et j’étais membre de l’équipe olympique. Quand on a appris que les États-Unis boycottaient les Jeux de Moscou et que le Canada allait faire de même, ce fut un mauvais cauchemar, le pire moment de ma carrière. Comme tout notre horaire était organisé pour les mois menant aux Jeux de Moscou, on a continué nos activités comme si de rien n’était. Notre équipe de kayak s’est retrouvée dans un coin perdu de la Pologne pour un camp d’entraînement de trois semaines. Imaginez l’atmosphère, on côtoyait et on s’entraînait avec l’équipe polonaise qui s’en allait aux Jeux. »

« De nouveau, je recommence à m’entraîner pour un cycle de quatre ans avec Los Angeles dans la mire. Pour les Jeux de 1984, les quatre premières kayakistes au pays allaient être invitées et depuis 1980 j’étais toujours parmi les meilleures, mais il restait la formalité de la qualification. Lors de la course de qualification, j’étais très malade souffrant d’une amygdalite et j’ai pris la huitième place. Quelle catastrophe! Heureusement, il y avait une deuxième course quelques jours plus tard et je l’ai gagnée. J’avais enfin mon billet pour les Jeux olympiques. »

Quelle est la sensation de participer aux cérémonies d’ouverture?

« Je n’ai pas eu la chance de participer à la cérémonie d’ouverture en 1984. Comme les épreuves de kayak étaient disputées dans la dernière semaine des Jeux, alors l’équipe canadienne effectuait sa préparation dans le nord de la Californie. Pour participer à la cérémonie, il aurait fallu prendre l’avion et comme une cérémonie peut être très épuisante (taxant) physiquement pour les athlètes, alors nos entraîneurs ont décidé que c’était préférable de ne pas y aller. Alors on a écouté à la télévision. J’ai quand même versé une petite larme. »

Comment était la vie dans le village olympique?

« Les compétitions de kayak avaient lieu au Lac Casitas, près de Santa Barbara. On n’habitait pas au grand village olympique, il y en avait un autre et il était quand même loin du site de compétition. Comme nos courses étaient très tôt le matin, nos entraîneurs ont préféré nous installer dans un motel tout près du site de compétition. »

Quel est votre plus beau souvenir et moins beau souvenir des Jeux?

« Évidemment, ma plus grande déception est le boycott canadien des Jeux olympiques de Moscou. Pour des raisons politiques, des sportifs étaient privés de vivre leur rêve. »

« Parmi mes plus beaux souvenirs, il y a bien sûr la médaille de bronze que l’on a remportée en K-4. Mais il y a aussi, la cérémonie de clôture des Jeux de Los Angeles. Le fait d’entrer dans le stade olympique et de partager cette grande fête avec des athlètes de partout dans le monde, ce fut un moment inoubliable. »

« Un autre moment spécial pour moi a été mon retour à Montréal et mon arrivée à l’aéroport. De partager ma joie avec ma famille et les membres de mon club. Surtout après une absence de plusieurs semaines à parfaire notre entraînement à l’étranger. »

À qui ou à quoi pensiez-vous avant de monter sur le podium lors de la cérémonie de remise des médailles?

« Après avoir remporté notre médaille de bronze, les choses ont été tellement vite. On passe le test antidopage, on change nos vêtements. L’ambiance est électrique, la foule est bruyante, la musique est à tue-tête. Mais quand la cérémonie de remise de médailles débute, c’est le silence le plus total. À ce moment-là je me suis dit, je dois savourer chaque seconde, chaque instant. Je me sentais transportée. Je pouvais enfin dire mission accomplie. »

Comment allez-vous vivre les Jeux olympiques de Londres?

« Comme tout le monde, je vais suivre les Jeux olympiques de Londres à la télévision. C’est certain que je vais avoir un œil sur les compétitions de canoë-kayak, mais je vais suivre tous les sports. Moi ce qui m’accroche c’est le côté humain des Jeux. Chaque athlète a son histoire, quelque chose à partager. J’adore les reportages sur les athlètes, sur leur préparation, leur vie d’athlète. Moi les Jeux olympiques me font chavirer, c’est le cas de le dire. »

mercredi 4 juillet 2012

Mon expérience olympique - Pierre Harvey

Aujourd'hui c'est au tour de Pierre Harvey de nous parler de son expérience olympique.

Pierre Harvey est assurément l'athlète le plus complet de l'histoire du Québec, pour ne pas dire du Canada. Il participa à deux reprises aux Jeux olympiques d'été (Montréal et Los Angeles) et aux Jeux olympiques d'hiver (Sarajevo et Calgary), en plus d'être membre de l'équipe canadienne qui devait se rendre à Moscou en 1980.

Sa carrière de cycliste débuta en 1974. L'année suivante, il remporta le Tour de l'Abitibi et fut champion du Québec sur route. Champion canadien en 1976, il termina vingt-quatrième de l'épreuve individuelle sur route aux Jeux olympiques de Montréal. Aux Jeux du Commonwealth d'Edmonton en 1978, il obtint la médaille d'argent de la course sur route et, aux Jeux panaméricains de San Juan en 1979, il récolta l'or au 100 km contre la montre, par équipe.

Pierre Harvey le fondeur, domina la scène canadienne comme jamais personne avant lui. En dix participations aux championnats nationaux, il remporta 31 médailles (22 d'or, 5 d'argent, 4 de bronze). Le 7 mars 1987, il devint le premier Canadien à gagner une épreuve de la Coupe du monde, le 20 km de Falun, en Suède, et il récidiva l'année suivante. Le 19 mars 1988, il finit premier à la centième édition du 50 km d'Holmenkollen en Norvège. Au cours de sa carrière, il remporta trois épreuves de la coupe du monde et fut dans les quinze premiers à six occasions.

Pierre Harvey fut intronisé au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec (1991). Il est aussi membre du Temple de la renommée du ski canadien (1992), du Temple de la renommée du cyclisme du Québec (1989) et du Temple de la renommée olympique du Canada (2006).

Comment s'est déroulée votre qualification pour les Jeux olympiques d’été? Y a-t-il eu beaucoup d'embûches en cours de route vers votre expérience olympique?

« Aux Jeux olympiques de Montréal en 1976, j’avais 19 ans et j’étais le plus jeune de l’équipe canadienne. À vrai dire, ma sélection olympique a été une belle surprise pour moi. Au printemps 1976, on m’a invité à un camp d’entraînement en Floride, dans le cadre du programme Mission Québec ’76 (NDLR : un programme visant à accroître le nombre d’athlètes Québécois dans l’équipe olympique canadienne en vue des Jeux olympiques de Montréal). Il y avait 12 autres cyclistes québécois plus expérimentés que moi, mais j’ai très bien fait lors de la course de qualification et je me suis retrouvé avec mon billet pour les Jeux. »

« Pour ma qualification pour les Jeux de Los Angeles en 1984, ce fut une situation bien différente. J’avais abandonné le cyclisme après la déception du boycott des Jeux de Moscou en 1980 pour me concentrer sur le ski de fond. J’avais terminé mes études universitaires et j’avais la chance d’obtenir un congé sans solde de mon employeur l’hiver afin concourir sur le circuit de ski nordique. Mais au printemps 1984, la compagnie a fermé ses portes. Alors je me suis laissé tenter par le cyclisme. Ce fut une décision de dernières minute et j’étais dans ma forme de « ski de fond ». La transition entre les deux sports s’est bien passée et je me suis qualifié pour les Jeux de Los Angeles. C’est un concours de circonstances qui m’a pavé la voie pour ces Jeux. »

Quelle est la sensation de participer aux cérémonies d’ouverture?


« Je n’ai pas participé aux cérémonies d’ouvertures en 1976 car dès le lendemain on avait l’épreuve du 100 km sur route contre la montre par équipe alors on a pris la décision de ne pas y participer car une cérémonie d’ouverture peut être très épuisant physiquement pour un athlète. »

« J’ai participé à celle de Los Angeles et ce fut une très belle expérience. Par contre, mon plus beau souvenir d’une cérémonie d’ouverture c’est bien sûr aux Jeux olympiques de  Calgary en 1988, alors que j’ai été choisi pour prêter le serment olympique. J’étais nerveux, mais je m’en suis bien tiré. C’est un grand honneur que de parler au nom des athlètes du monde entier. »

Quel est votre plus beau souvenir et moins beau souvenir des Jeux?

« Parmi mes beaux souvenirs des Jeux d’été, je retiens mon expérience de 1976. Avoir 19 ans et vivre dans un village olympique et voir tous ces athlètes de partout dans le monde à la cafétéria et de les côtoyer au quotidien demeure pour moi un souvenir extraordinaire. J’étais comme un enfant dans un magasin de jouets. Des Jeux de 1984, je retiens cette très grande fierté d’avoir contribué à la médaille d’argent de Steve Bauer ; collectivement (de concert avec mes coéquipiers Louis Garneau et Alain Masson) nous nous sommes épuisés à « tirer » Steve et nous étions tellement fier de son succès. »

« Du côté des déceptions, je ne peux pas passer à côté du boycott canadien des Jeux olympiques de Moscou. On s’entraîne pendant de nombreuses années, on passe par des hauts et on surmonte des bas pour se qualifier pour des Jeux olympiques et se faire priver de son rêve, de sa passion, est un coup très dur à encaisser. »

« Il y a aussi les Jeux de Calgary. J’étais au meilleur de ma forme et d’être devancé par des adversaires qui n’étaient pas très « propres » ça fait mal. Et dire que quelques semaines plus tard, je les ai tous vaincu dans des épreuves de la Coupe du monde en Suède et en Norvège alors que se l’on battait à forces égales. »

Est-ce que des membres de votre famille sont venus vous encourager?

« Dans ma longue carrière olympique, il y a quelque chose qui m’a grandement touché. C’est à Calgary en 1988. Il y avait une très belle initiative de jumeler des parents d’athlètes avec des familles de Calgary. Honnêtement, je ne me souviens plus si c’était uniquement pour les parents des athlètes québécois ou tous les parents des membres de la délégation canadienne. Mais une entreprise payait le billet d’avion aux parents pour assister aux Jeux et ils étaient logés dans des familles. Chaque soir nos parents étaient invités à des repas et pouvaient nous rencontrer. Mes parents ont fait leur plus beau voyage de leur vie. C’était la première fois qu’ils allaient dans l’ouest du pays. »

Comment votre expérience olympique vous a aidé dans votre après-carrière d'athlète?

« Lorsque l’on atteint un niveau élevé en sport, on développe une confiance en soi qui restera toujours avec nous. Notre éthique de travail lors de ces années d’entraînement, on peut l’appliquer dans notre vie professionnelle. Puisque l’on a été des personnalités publiques, je remarque aussi que les gens se sentent en confiance avec nous. Dans notre vie professionnelle, ça nous aide à ouvrir des portes. L’expérience olympique est une carte de visite incroyable ; encore aujourd’hui il y a des personnes qui me disent « c’est toi le gars qui faisait du sport ».

Comment allez-vous vivre les Jeux olympiques de Londres?

« C’est sur que je vais suivre le maximum de compétitions à la télévision. Je m’intéresse à tous les sports, mais je vais avoir à l’œil le 100 mètres hommes, la natation, le cyclisme sur piste, sur route et le vélo de montagne. »

« On est toujours très fier de regarder nos athlètes et nos champions canadiens à l’œuvre. Encore aujourd’hui, il y a des gens que j’ai côtoyé qui seront à Londres avec l’équipe canadienne. Je vais pouvoir communiquer avec eux et partager leurs expériences olympiques de 2012. »

vendredi 29 juin 2012

Mon expérience olympique - Guylaine Bernier

Guylaine Bernier
Aujourd’hui Guylaine Bernier nous parle de son expérience olympique.

Membre de l’équipe du Québec d’aviron en 1972, elle s’est imposée sur la scène nationale, obtenant des médailles de bronze en skiff et en équipe de huit rameuses aux championnats canadien en 1974. L’année suivante, elle s’est distinguée au niveau international, méritant des médailles d’or à la régate internationale Royal Canadian Henley et aux championnats nationaux américains. La même année, elle a gagné la médaille d’or en skiff aux championnats américains. Elle a couronné sa belle carrière d’athlète aux Jeux olympiques de Montréal en 1976.

Guylaine Bernier a été membre de la commission d’arbitrage de la Fédération internationale d’aviron de 1994 à 2010 et à ce titre, elle a pris part à cinq Jeux olympiques et paralympiques (Atlanta en 1996, Sydney en 2000, Athènes en 2004, Beijing en 2008, ainsi que les Jeux olympiques de la Jeunesse en 2010). Elle siège sur plusieurs conseils d’administration d’organismes sportifs dont celui des Jeux du Canada. Elle est présidente de l’Institut national du sport du Québec.

Guylaine Bernier fut intronisée au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec en 1996.

Comment s’est déroulée votre qualification pour les Jeux olympiques? Y a-t-il eu beaucoup d’embûches en cours de route vers votre expérience olympique?

« Je dois avouer que le processus de qualification, lors des Jeux olympiques de Montréal, a été une expérience pénible à vivre, sur le plan sportif naturellement, mais davantage sur le plan émotif. »

« Le processus de sélection olympique en aviron faisait en sorte que nous participions à différentes compétitions, différentes régates. Il y en avait en Floride, à London en Ontario alors qu’il faisait excessivement froid, au bassin olympique de Montréal, puis on terminait le tout en Europe. Comme le Canada était le pays hôte, nous étions qualifiés pour toutes les épreuves et la sélection olympique servait à décider quelles athlètes allaient composer notre équipe nationale. Les rameuses rivales étaient également nos amies que nous avions côtoyées pendant de plusieurs mois. Alors que l’on revenait d’Europe en direction de Toronto et que l’on faisait une escale à Montréal, on a choisi ce moment pour nous annoncer lesquelles d’entre nous étaient sélectionnées pour faire l’équipe olympique. On a dit aux rameuses qui ne faisaient pas l’équipe de quitter le vol. On leur disait que leur vol et leur rêve olympique s’arrêtait tout bonnement. Ça été une expérience très douloureuse à vivre. »

Quelle est la sensation de participer aux cérémonies d’ouverture?

« La cérémonie d’ouverture en 1976 avait quelque chose de magique. Selon le protocole olympique, la délégation canadienne était la dernière à faire son entrée dans le stade. On nous a placé en rang dans le village olympique, puis on a marché jusqu’au stade. Pour moi, ça été LE moment des Jeux. Défiler devant cette foule euphorique alors que les athlètes du monde entier étaient au centre du terrain, ce fut une sensation incroyable. J’en ai encore des frissons juste à y penser. »

« D’ailleurs le président du C.I.O. Jacques Rogge disait lors de son passage au Canada que son grand regret en tant qu’athlète est de ne pas avoir participé aux cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Montréal, car le lendemain il débutait les compétitions de voile à Kingston. »

Quel est votre plus beau souvenir et moins beau souvenir des Jeux?

« J’ai deux beaux souvenirs. Au niveau sportif, ce que je retiens est l’ambiance que l’on retrouvait au bassin olympique. Chaque course avait son cachet particulier. Et à toutes les fois que l’on passait devant les estrades, on sentait l’énergie du public. Quels beaux moments. »

« L’autre beau souvenir, c’est au moment où l’on quittait le village olympique on se voyait remettre un cadeau très original : un petit érable rouge. Tous les athlètes en recevaient un. C’était dans une boîte, donc les athlètes pouvaient l’apporter comme bagage à main. Aux termes des Jeux, je l’ai planté chez mes parents, puis quand j’ai acheté ma première maison, je l’ai transplanté. J’ai vendu cette maison-là, mais ceux qui l’ont acheté, sont également propriétaire d’un érable rouge qui est un héritage olympique. »

« Pour ce qui est des déceptions, j’ai en ai également deux. On ne s’est malheureusement pas qualifié pour la finale du quatre en couple avec barreuse, car une rameuse a fait une petite faute technique, c’est-à-dire qu’elle est sortie brièvement de son siège et nous avons perdu notre synchronisme et du temps précieux. »

« Une autre déception, c’est qu’aux termes des Jeux olympiques, notre fédération provinciale d’aviron a déclaré faillite. Ce fut un coup très dur. Il était prévu que toutes les embarcations devaient appartenir à notre fédération, mais avec la faillite elles furent vendues à l’encan. De plus, les athlètes ont perdu leur encadrement. Plutôt que de m’expatrier pour poursuivre ma carrière, j’ai pris ma retraite. À l’époque je travaillais à Hydro-Québec. »

Comment était la vie dans le village olympique?

« La vie dans le village olympique était quelque chose d’assez particulier. Rappelez-vous que l’on était après Munich, alors la sécurité était grande et on n’allait pas n’ importe où comme l’on voulait. On restait dans notre bulle au village et on suivait cela à la télévision. Je n’ai pas vu de compétition en direct. Mais l’ambiance y était absolument incroyable. »

Comment votre expérience olympique vous a aidé dans votre après-carrière d’athlète?

« Comme je le mentionnais, j’étais à l’emploi d’Hydro-Québec, avant et après les Jeux olympiques. J’y ai travaillé pendant 30 ans. Parallèlement à ma carrière, je me suis impliquée dans l’aviron. Et comme la fédération d’aviron avait fait faillite, j’ai travaillé à son redressement, si je peux dire. J’ai commencé à coacher car il n’y avait pas d’entraîneur. Je suis passé à l’administration, car il n’y avait pas d’administrateur. Lorsque l’on a eu besoin d’officiels au Québec, je suis allé chercher ma formation. Puis j’ai obtenu ma licence internationale. De fil en aiguille, je suis devenu membre de la commission internationale d’arbitrage. Et de 1996 à 2010, j’ai participé à cinq Jeux olympiques à titre d’officiel. On peut dire que mon expérience olympique m’a ouvert bien des portes et m’a fait vivre de bien belles choses. »

Comment allez-vous vivre les Jeux olympiques de Londres?

« Pour la première fois en 16 ans, je vais avoir une expérience olympique complète. De 1996 à 2008, j’étais présente aux Jeux dans mes fonctions d’officiel en aviron. Habituellement les bassins d’aviron sont très loin du cœur des Jeux et nos journées sont très longues alors on n’a pas la chance de voir beaucoup de compétitions. »

« Pour les Jeux de Londres, je vais m’en donner à cœur joie, je vais suivre ça avec grand intérêt à la télévision. Des cérémonies d’ouverture à celles de clôture »

« J’ai la chance de connaître beaucoup de nos athlètes canadiens et comme à l’Institut national du sport nous travaillons tous pour eux alors je vais être encore plus captivée par leurs performances. »

mercredi 27 juin 2012

Mon expérience olympique - Pierre Saint-Jean

Pierre Saint-Jean prononçant le serment
de l'athlète aux Jeux olympique de
Montréal en 1976
Aujourd'hui l'haltérophile Pierre Saint-Jean nous parle de son expérience olympique.

Pierre Saint-Jean a participé aux Jeux olympiques à trois occasions (1964, 1968 et 1976). Au cours de sa longue carrière, il a brisé 86 records canadiens, 55 records du Commonwealth et un record mondial. Il a récolté trois médailles aux Jeux du Commonwealth (l'or en 1966, l'argent en 1962 et le bronze en 1970) en plus d'obtenir deux médailles de bronze aux Jeux panaméricains (à Sao Paulo en 1963 et à Winnipeg en 1967).

Il fut intronisé au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec en 1997.


Quelle est la sensation de participer aux cérémonies d’ouverture?

« La première fois que l’on participe à une cérémonie d’ouverture demeure un moment inoubliable. À Tokyo en 1964, c’était très impressionnant de faire son entrée dans le stade olympique. On entendait le rehaussement des applaudissements au moment où l’on fait notre entrée dans l'enceinte. J’en ai encore des frissons à y penser. »

« À Montréal en 1976, ça été une expérience encore plus mémorable. En tant que pays hôte, la délégation canadienne faisait son entrée en dernier, ce qui rendait la cérémonie d’ouverture plus spéciale, mais j’avais également eu l’honneur d’être choisi pour prêter le serment olympique au nom des athlètes du monde entier. Disons que j’avais une certaine nervosité durant le défilé ; je pensais à mon allocution et comme la mémoire n’a jamais été mon fort, j’avais beaucoup d’appréhension. Tout au long du défilé je répétais mon texte. Finalement, ça c’est bien passé, sans erreur. »

Comment avez-vous été choisi pour prêter le serment de l’athlète?

« C’est une histoire assez unique. Au terme de ma première retraite de la compétition au début des années 1970, j’ai travaillé très fort pour faire progresser le sport amateur au Québec et pour accroître son financement. D’ailleurs, j’ai eu le privilège de rencontrer le Ministre Paul Phaneuf à ce sujet. »

« Alors, je présume qu’en guise de remerciement pour ma contribution à la cause du sport amateur, on m’a choisi. C’est notre chef de mission Maurice Allan, qui a été longtemps officiel en haltérophilie, qui m’a annoncé la nouvelle. Il m’a simplement fait venir dans son bureau pour me dire que j’étais l’heureux élu. Un autre moment inoubliable pour moi. »

Quel est votre plus beau souvenir et moins beau souvenir des Jeux?

« Mon plus beau souvenir n’est pas directement relié à la compétition sportive. À Tokyo, le comité organisateur avait organisé une visite du Mont Fuji, à une centaine de milles de la ville. Il devait y avoir une trentaine d’autobus et des athlètes de tous les pays y allaient. Tout au long du voyage, on voyait des milliers de jeunes Japonais qui nous saluaient avec des petits drapeaux. On pouvait sortir le bras par la fenêtre de l’autobus pour prendre ces drapeaux sur lesquels les enfants avaient écrit leurs coordonnées. Moi j’ai pu correspondre avec une jeune fille pendant quelques années, jusqu’au moment où elle est allé à l’université. »

« Ma déception a été mon échec à Montréal en 1976. J’ai manqué mes trois essais à l’arraché et j’ai été éliminé. Je devais soulever une charge de 145 kg et j’ai eu un peu de malchance. À mon premier essai, la barre est passée au-dessus de ma tête et à mon dernier essai, j’ai eu une perte d’équilibre. C’était un poids qui était audacieux, mais que j’avais déjà réussi. Des fois ça fonctionne, d’autre fois non. Aux Jeux olympiques, on y va pour une médaille, pas pour assurer une position au classement. Avec le recul, la déception est moins grande. »

Avez-vous eu de la famille qui est venu vous encourager?

« Sur ce point, j'ai été très choyé. À Tokyo en 1964, mon père, Lionel Saint-Jean était présent puisqu'il était mon entraîneur. À Mexico en 1968, mon père et ma mère y étaient, mais également ma sœur Jacqueline qui était entraîneur avec l'équipe canadienne de gymnastique. Jacqueline était une grande athlète, mais une blessure l'a forcé à réorienter sa carrière vers le coaching. À Montréal, ma femme a seulement assisté à la cérémonie d'ouverture. Mon père était présent aux compétitions, puisqu'il était analyste à la radio. »

Comment votre expérience olympique vous a aidé dans votre après-carrière d'athlète?

« Le sport nous donne le sens de la compétition. Ça nous enseigne que si on travaille fort et intelligemment et on va tout réussir. Ça permet également de gagner une confiance en soi qui va nous suivre toute notre vie. C’est quelque chose qui va au-delà du sport. »

« Mon expérience olympique m’a apporté beaucoup. En 1973, j’étais retraité de l’haltérophilie. C’est à ce moment que la fédération d’haltérophilie m’a fait une proposition que je ne pouvais refuser ; si j’effectuais un retour à la compétition pour les Jeux olympiques de Montréal, j’allais obtenir une bourse pour terminer mes études en génie mécanique et en 1977 je graduais de l’école Polytechnique de l’Université de Montréal. »

Comment allez-vous vivre les Jeux olympiques de Londres?

« Je vais suivre cela à la télévision avec grand intérêt. Au-delà de la compétition, j’aime voir les reportages qui nous font découvrir les athlètes. C’est toujours très passionnant de découvrir leurs parcours. Chaque athlète à son histoire et j’aime la connaître. »

« Bien sûr que je vais suivre nos trois représentantes en haltérophilie. J’ai confiance qu’elles vont bien nous représenter. Mais la compétition est tellement relevée dans ce sport, autant chez les hommes que les femmes, surtout après l’éclatement de l’U.R.S.S. et l’émergence des athlètes des pays asiatiques. »

mardi 26 juin 2012

Monsieur Red Fisher

C'est avec beaucoup d'émotion que nous avons appris la retraite du journaliste Red Fisher.

Monsieur Fisher a consacré sa carrière à couvrir le hockey, principalement les activités des Canadiens de Montréal. Il a débuté au défunt quotidien The Montreal Star le 15 mars 1955, deux jours avant la célèbre « Émeute Maurice-Richard ». En 1979, il est passé au quotidien The Gazette après la fermeture du Star.

En plus d'un demi-siècle, il a été témoin de 17 conquêtes de la coupe Stanley par les Canadiens de Montréal. Et il a vu défiler plusieurs grands noms dans l'uniforme du Tricolore, « Butch » Bouchard, Maurice et Henri Richard, Doug Harvey, Jean Béliveau, Dickie Moore, Yvan Cournoyer, Serge Savard, Larry Robinson, Guy Lapointe, Guy Lafleur, Jacques Lemaire, Jacques Plante, Ken Dryden, Patrick Roy, etc.

Red Fisher a été intronisé au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec en 2010 dans la catégorie des bâtisseurs.
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On behalf of all of us at the Panthéon des sports du Québec, thank you for all the great memories, for sharing your passion for this game that is more than just a sport for so many of us.

May your retirement be best in four things:
old wood best to burn,
old wine best to drink,
old friends best to trust,
and old authors best to read.
- Francis Bacon

Sincerely,

Edgar Théorêt
Président
Panthéon des sports du Québec