Depuis sa création en 1991, le Temple de la renommée des sports du Québec a accueilli plusieurs athlètes olympiques. Puisque pendant un grand nombre d'années les hockeyeurs professionnels n'étaient pas admis aux Jeux olympiques, il y a peu de joueurs de hockey olympiens qui sont membres du Temple de la renommée des sports du Québec. Outre France St-Louis et Raymond Bourque, il y a également Robert Rousseau, bien connu comme étant un joueur des Canadiens de Montréal. Voyons un peu son odyssée olympique.
Il y a cinquante ans, le hockeyeur Robert Rousseau, intronisé au Temple de la renommée des sports du Québec en 2007, participait au tournoi olympique de Squaw Valley. Cela se déroulait en 1960, alors que le jeune Bobby était considéré comme un des meilleurs joueurs juniors au pays.
Robert Rousseau avec le Canadien jr.
Alors qu’il jouait pour le Canadien jr de Brockville, il reçoit un appel de Sam Pollock qui l’informe que sa présence est requise avec les Dutchman de Kitchener/Waterloo, l’équipe qui représentera le Canada aux Jeux olympiques de 1960. Après la présence de cette équipe aux Jeux de Cortina d’Ampezzo en 1956, c’est la deuxième fois que cette formation représente le Canada aux Jeux olympiques.
Le 31 janvier, Les « Dutchies » prennent la direction de la Californie en autobus nolisé. Avant de se rendre à Squaw Valley, le site des Jeux olympiques, la formation doit livrer sept parties d’exhibition l’opposant à des équipes de l’Ouest canadien. Dès son arrivée en Californie, Robert Rousseau témoigne de son voyage dans les pages du Clairon: « Ici tout est de première classe. Nous sommes enfin arrivés à destination jeudi soir vers minuit. J’étais très fatigué car nous avons voyagé toute la journée, de huit heures du matin et sur ce, neuf heures dans les montagnes. […] Nous entreprenons dès aujourd’hui un entraînement rigoureux. »
Équipe Canada 1960. Robert Rousseau, 2e à gauche de la première rangée.
Lors du tournoi préliminaire, le Canada remporte trois victoires. Lors de la deuxième partie, Robert Rousseau s’illustre avec quatre buts dans une victoire de 19 à 0 sur le Japon.
Les six pays finalistes de la ronde des médailles doivent jouer cinq parties. Le 22 février, le Canada prend la mesure de l’Allemagne 12 à 0. Deux jours plus tard, une victoire de 4 à 0 face à la Tchécoslovaquie permet au Canada de se hisser au premier rang avec les États-Unis. Ces deux équipes s’affrontent le 25 février dans un stade rempli à craquer.
L'Action Catholique, 26 février 1960 p. 11. Collection BAnQ.
Robert Rousseau commente sa partie : « J’ai été dans la mêlée à 5 reprises dans les deux premières périodes, et j’ai eu une couple de chances de compter. Pour ce qui est de la troisième période, j’étais sur le banc et je priais pour que nous gagnions, mais ce fut en vain. » La foule américaine, en liesse, célèbre cette victoire inattendue de 2 à 1. Cette défaite du Canada est suivie par une victoire sur la Suède et sur l’Union Soviétique par la marque de 8 à 5.
Avec quatre victoires et une défaite, le Canada doit se contenter de la médaille d’argent, alors que les Américains, invaincus, remportent l’or. Après l’obtention de la médaille de bronze en 1956, une onde de choc traverse à nouveau le Canada qui n’est plus la puissance de « l’Univers » en hockey sur glace…
Robert Rousseau. Hockey Canada 1962.
Robert Rousseau revient du pays avec une fiche de 5 buts et 4 passes. Dans l’avion du retour, l’entraîneur Bobby Bauer lui dit qu’il connaîtra une belle carrière chez les professionnels. Encore aujourd’hui, le joueur à la retraite se demande le sens de cette remarque alors qu’il a été cloué sur le banc lors des moments les plus déterminants du tournoi.
Mais une médaille olympique, c’est tout de même grandiose. Le 14 mai, les Maskoutains participent à la « Journée Robert Rousseau ».
Proclamation de la "Journée Robert Rousseau".
Cet événement, rappelant les beaux jours de Gérard Côté, débute par une parade dans les rues de la ville. À l’Hôtel de Ville, le maire Lafontaine lui remet les clés de la ville et Robert signe son nom dans le livre d’or de la municipalité.
Devant sa famille, Robert Rousseau signe le livre d'or de la Ville de Saint-Hyacinthe.
La journée se poursuit par un banquet privé au Club de golf de Saint-Hyacinthe. Puis, en soirée, plusieurs centaines de Maskoutains se rendent au Manège militaire où une danse populaire y est donnée en l’honneur du médaillé olympique.
Robert Rousseau pose avec les cadeaux reçus lors de la "Journée Robert Rousseau" du 14 mai 1960.
Après son odyssé olympique, Robert Rousseau connaîtra une belle carrière dans la Ligue Nationale de hockey. Avec les Canadiens de 1960 à 1970, il est le 20e meilleur pointeur avec 200 buts et 522 points en 643 matches en saisons régulières. Il a participé à quatre conquêtes de la coupe Stanley et fut nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles en 1965-66.
L'auteur désire remercier M. Robert Rousseau pour sa précieuse collaboration. Les photos proviennent de la collection personnelle de Robert Rousseau.
Alors que les Jeux de Vancouver battent leur plein, je vous invite à consulter le site internet du Panthéon des sports du Québec afin de lire quelques notes d'histoire sur les sports olympiques. Ces articles, publiés dans la Série olympique, comportent des informations concernant l'histoire de ces sports au Québec.
Pour nous au Québec, il n’y a aucun doute que les Jeux de Montréal ont suscité un plus grand intérêt pour les sports et l’activité physique. Au fil des ans, des centaines de milliers de Québécois ont pratiqué un ou des sports. C’est ce qui constitue la base de la pyramide sportive. Au sommet de cette pyramide, nous retrouvons des athlètes qui par leur talent, leur discipline et leur détermination, se sont taillés une place au sein de l’élite sportive canadienne et mondiale. Et lorsqu’il est question des Jeux olympiques d’hiver, nous répondons présents! Selon le site du Comité olympique canadien, l’équipe nationale est formée de 206 athlètes et 50 d’entre eux proviennent du Québec.
Mais cette participation québécoise ne date pas d’aujourd’hui. Depuis sa création en 1990 et sa première intronisation en 1991, le Temple de la renommée des sports du Québec a ouvert ses portes à plusieurs athlètes olympiques d’hiver. En observant la liste de ces intronisés, on voit se dessiner notre histoire olympique. D’abord, il y a peu de hockeyeurs, car pendant une longue période, nos athlètes de pointe étant des professionnels ont été exclus des Jeux olympiques. Ensuite, la majorité des intronisés ont pris part aux Jeux après l’avènement des Jeux de Montréal.
Au cours des prochaines semaines, nous serons témoins de grands exploits sportifs. Sachons simplement que par le passé, des athlètes se sont illustrés et ont montré le chemin à suivre à nos athlètes d’aujourd’hui. Et demain, d’autres suivront leurs traces, pour que vive notre histoire sportive!
Depuis les débuts des Jeux olympiques d'hiver, plusieurs membres du Temple de la renommée des sports du Québec ont participé aux Jeux olympiques d’hiver.
Biathlon Myriam Bédard
En biathlon, Myriam Bédard a pris part à trois olympiades d’hiver. À Albertville, en 1992, elle réalise une 12e place aux 7,5 km sprint, une onzième place au relais 3 X 7,5 km et une médaille d’or aux 15 km individuel. Quatre ans plus tard, à Lillehammer, elle obtient une 15e place au relais 4 X 7,5 km et deux médailles d’or aux 7, 5 km et 15 km. Elle termine son expérience olympique à Nagano, en 1998, avec une 50e place aux 15 km, une 32e aux 7,5 sprint et une 17e au relais 4 X7,5 km.
Bobsleigh Vic Emery, John Emery, Doug Anakin et Peter Kirby
En bobsleigh, l’équipage formé de Vic et John Emery, de Doug Anakin et de Peter Kirby, obtient une surprenante médaille d’or en bob à quatre aux Jeux olympiques d’Innsbruck en 1964.
Hockey Jacques Lemaire
Aux Jeux de Vancouver, en 2010, Jacques Lemaire sera entraîneur associé de l’équipe masculine de hockey.
France St-Louis
Aux Jeux olympiques de Nagano, en 1998, France St-Louis fait partie de l’équipe canadienne qui remporte la médaille d’argent lors du premier tournoi de hockey féminin olympique.
Raymond Bourque
En 1998, aux Jeux de Nagano, le hockey olympique s’ouvre aux professionnels de la Ligue nationale de hockey. Raymond Bourque est de l’équipe canadienne qui termine au 4e rang du tournoi olympique.
Robert Rousseau
À Squaw Valley, en 1960, Robert Rousseau fait partie de l’équipe canadienne qui remporte la médaille d’argent.
Luge et ski alpin Linda Crutchfield
En ski alpin, Linda Crutchfield prend part aux Jeux olympiques d’Innsbruck en 1964. Elle termine 32e en slalom géant, 24e en descente et 16e en slalom. Quatre ans plus tard à Grenoble, elle prend part à la compétition de luge et glisse vers une 12e place.
Patinage artistique Isabelle Brasseur, Lloyd Eisler
Lloyd Eisler commence sa carrière olympique en patinage artistique en couple mixte lors des Jeux de Sarajevo en 1984. Il obtient alors une 8e position. Quatre ans plus tard, à Calgary, il forme un duo avec Isabelle Brasseur et ils obtiennent une 9e position. En 1992, à Albertville, et en 1994, à Lillehammer, le couple termine en première position et touche l’or à deux reprises.
Patinage de vitesse Gaétan Boucher
En patinage de vitesse longue piste, Gaétan Boucher prend part à quatre Jeux olympiques d’hiver entre 1976 et 1988. Au cours de ces Jeux, il participe à douze épreuves, remportant l’argent aux 1000 m, à Lake Placid, en 1980, l’or aux 1000 m et 1500 m à Sarajevo, en 1984, et le bronze aux 500 m au même endroit.
Patinage de vitesse, courte piste Isabelle Charest
Isabelle Charest participe à trois Jeux olympiques en patinage de vitesse courte piste. À chaque occasion, elle remporte une médaille. En 1994, à Lillehammer, elle obtient l’argent au relais 3000 m. Quatre ans plus tard, à Nagano, elle mérite l’or dans la même épreuve et à Salt Lake City, en 2002, elle réalise une 4e place aux 500 m et une première place au relais 3000 m.
Sylvie Daigle
En patinage de vitesse longue piste, Sylvie Daigle obtient une 19e place aux 500 m lors des Jeux olympiques de Lake Placid en 1980. Quatre ans plus tard, elle finit respectivement au 20e, 22e et 25e rang lors des 500 m, 1500 m et 1000 m. En 1992, à Albertville, elle opte pour la courte piste et remporte une médaille d’or au relais 3000 m. En 1994, elle poursuit à Lillehammer avec une 10e place aux 500 m, une 7e place aux 1000 m et une médaille d’argent au relais 3000 m.
Marc Gagnon
Marc Gagnon, ce spécialiste du patinage de vitesse courte piste récolte cinq médailles lors de trois Jeux olympiques. D’abord, le bronze aux 1000 m en 1994, à Lillehammer. Puis, l’or au relais 5000 m à Nagano, en 1998. Il poursuit sur sa lancée en 1992, à Salt Lake City, avec le bronze aux 1500 m et l’or aux 500 m et au relais 5000 m.
Nathalie Lambert
En patinage de vitesse courte piste, Nathalie Lambert remporte l’or au relais 3000 m lors des Jeux olympiques d’Albertville, en 1992, en plus de terminer 6e aux 500 m. Deux ans plus tard, elle obtient deux médailles d’argent aux 1000 m et au relais 3000 m lors des Jeux de Lillahammer.
Annie Perreault
En 1992, en patinage de vitesse courte piste, Annie Perreault remporte l’or au relais 3000 m aux Jeux d’Albertville. Quatre ans plus tard à Nagano, elle récolte le bronze dans la même discipline et s’illustre aux 500 m en mettant la main sur une médaille d’or.
Ski acrobatique Jean-Luc Brassard
En ski acrobatique, Jean-Luc Brassard prend part à quatre Jeux olympiques. Ce spécialiste des bosses obtient une 7e place à Albertville, puis remporte l’or à Lillehammer deux ans plus tard. À Nagano, en 1998, il termine en 4e place et met un terme à sa carrière olympique avec une 21e place à Salt Lake City en 2002.
Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine est un spécialiste des sauts en ski acrobatique. Il prend part aux Jeux olympiques de Lillehammer en 1994, de Nagano en 1998 et de Salt Lake City en 2002. À ses premiers Jeux, en 1994, il signe sa meilleure performance avec une 6e place.
Lloyd Langlois
En ski acrobatique, ce spécialiste des sauts remporte une médaille de bronze à Lillehammer en 1994. Cette médaille est précédée d’une troisième place à Calgary en 1988, alors que sa discipline était un sport en démonstration.
Philippe Laroche
Alors que le ski acrobatique est en démonstration à Albertville, en 1992, Philippe Laroche remporte la médaille d’or en sauts. Deux ans plus tard, à Lillehammer, ce membre de la Quebec Air Force obtient une médaille d’argent.
Ski alpin Peter Duncan
En ski alpin, Peter Duncan participe à six épreuves lors des Jeux olympiques d’Innsbruck, en 1964, et de Grenoble, en 1968. À Grenoble, il signe sa meilleure performance en terminant 18e en slalom géant.
Mélanie Turgeon
En ski alpin, Mélanie Turgeon joue de malchance à Lillehammer en 1994, alors qu’elle abandonne le slalom et le slalom géant. Cette déveine se poursuit à Nagano par un abandon au combiné, mais termine 22e en descente et 20e en super G. Quatre ans plus tard, à Salt Lake City, elle franchit le fil d’arrivée en 20e place en super G et réalise sa meilleure performance en descente avec une 8e place.
Lucile Wheeler Vaughn
En ski alpin à Oslo, en 1952, Lucile Wheeler Vaughn termine 26e en slalom et 27e en slalom géant et en descente. Quatre ans plus tard, elle remporte une médaille de bronze en descente, tout en signant la 6e place en slalom géant lors des Jeux de Cortina d’Ampezzo.
Ski de fond Pierre Harvey
En ski de fond, Pierre Harvey prend part aux Jeux olympiques de 1984 à Sarajevo et de 1988 à Calgary. En 1984, il termine à la 21e place aux 15km et 30 km classique et en 20e place aux 50 km. Quatre en plus tard à Calgary, il réalise son meilleur positionnement avec une 9e place aux relais 4 X 10 km. Il termine 21e aux 50 km libre, 17e aux 15 km classique et 14e aux 30 km classique.
Les compétitions de patinage de vitesse sur courte piste seront présentées les 13-17-20-24 et 26 février 2010 au Pacific Coliseum. Il y aura des compétitions individuel hommes (500 m, 1000 m, 1500 m), individuel femmes (500 m, 1000 m, 1500 m) et à relais chez les hommes (5000 m) et les femmes (3000 m).
Le patinage de vitesse sur courte piste se déroule sur une piste ovale de 111,12 m, sur une patinoire de hockey de taille internationale. Parce que les virages sont serrés, les patineurs peuvent avoir de la difficulté à conserver le contrôle. L'aire de glace est définie à l’aide d’un système de coussins « sans panneaux » qui augmente la sécurité des athlètes en raison du fait que les coussins font preuve d’une plus grande flexibilité à l’impact, comparativement au système de panneaux individuels. Les patineurs portent également des dispositifs de protection.
Les compétiteurs ne luttent pas contre le chronomètre mais entre eux. Pour les compétitions individuelles, les patineurs peuvent participer à toutes les catégories de distance. La compétition consiste en une série de courses auxquelles participent quatre ou six athlètes. Les deux premiers athlètes de chaque course se qualifient pour le tour suivant, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quatre patineurs pour la course finale.
Les épreuves de relais pour hommes et dames se déroulent sur deux jours et comportent une demi-finale et une finale. Huit équipes de quatre patineurs plus un patineur substitut prennent part au relais. Les équipes décident du nombre de tours que chaque membre effectuera, en sachant bien que les deux derniers tours doivent être effectués par le même patineur. Il n’est pas habituel qu’un athlète fasse plus de 1,5 tour, ce qui signifie que l’on fait en moyenne de sept à huit changements de relais par athlète. Plutôt que de passer un témoin, le patineur n’a qu’à toucher au patineur suivant pour qu’il y ait échange. Cependant, pour conserver l’allure, il est plus courant de voir le patineur suivant se pencher et se faire pousser de l’arrière par le patineur précédent.
Quelques notes d’histoire sur le patinage
Au départ, le patin est avant tout un moyen de déplacement. Dans sa forme de divertissement social, le patin apparaît au Québec au début du XIXe siècle. On décèle la présence des premiers patineurs lorsque les journaux d’époque rapportent les noyades de patineurs. Par exemple, le 23 décembre 1823, le journal Le Canadien publie la triste nouvelle que le fils de I. Dufresne, un résident de Beloeil, s’est noyé en patinant sur la rivière Richelieu.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, on offre aux patineurs d’autres alternatives que les surfaces glacées du fleuve, des lacs et des rivières. Dans les centres urbains, des entrepreneurs exploitent des « patinoirs », ronds de glace, salles à patiner et ronds à patiner. En 1856 à Québec, le Club House devient la première patinoire couverte au Québec. Trois ans plus tard, le Montreal Skating Rink est aménagé dans la métropole. En 1862, toujours à Montréal, on construit un véritable monument, le Victoria Skating Rink. Cet emplacement de deux cents pieds sur quatre-vingts et doté d'une promenade pouvant accueillir plus de 2000 spectateurs debout.
À partir des années 1860, on assiste à un véritable engouement pour le patinage. Une des activités les plus courues à l'époque est la mascarade. Plusieurs fois par années, des patineurs et patineuses se déguisent et s'exécutent au son de la musique jouée par une fanfare ou une bande militaire. Pour l'occasion, il n'est pas rare de récompenser les patineurs portant les plus beaux déguisements. On organise d’autres activités comme le patinage aux flambeaux, les feux d'artifice, les fêtes de glace. Cette atmosphère de fête est salutaire et plusieurs " patinoirs " sont aménagés afin de répondre à cette demande d'amusements. Dans les villes de Montréal, Québec, Saint-Hyacinthe, Ottawa, Drummondville, Hull, Rivière-du-Loup, Saint-Jean et Sorel, plus de 56 " patinoirs " ayant pignons sur rue sont recencés au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Véritable phénomène commercial, les patinoires couvertes étaient alors construites exclusivement pour le patinage.
Le patinage de vitesse sur courte piste
Règle générale, le patinage de vitesse sur courte piste est considéré par plusieurs comme un sport jeune. Cette perception vient sans doute du fait que ce sport devient discipline olympique aux Jeux d’Albertville en 1992. Pourtant, dès le début des années 1900, des départs groupés auraient eu lieu lors de courses en patins au Canada et aux États-Unis. En 1915, Russell Wheeler, un porte couleur du Montreal Amateur Athletic Association (M.A.A.A.) remporte le premier championnat mondial de patinage intérieur. Malgré le qualificatif de « mondial », cette discipline est plutôt l’affaire des Canadiens et des Américains à cette époque.
Au cours des années 1920 et 1930, le patinage de vitesse intérieur se développe en Grande-Bretagne, au Japon, en France, en Belgique et en Australie. Avant que le patinage de vitesse intérieur n’adhère à l’International Skating Union (ISU) en 1967, des compétitions internationales se déroulent entre ces pays. Ce n’est pourtant qu’en 1976 que l’ISU homologuera des compétitions internationales. En 1981 se déroulera le premier championnat mondial de patinage de vitesse sur courte piste, appellation qui deviendra officielle trois ans plus tard.
Au Québec, la fondation du club de patinage Ste-Foy, en 1969, devient un élément déterminant de l’histoire du patinage sur courte piste. En effet, l’implication de plusieurs bénévoles dont Maurice Gagné à titre d’entraîneur et de Jean Grenier comme administrateur permet l’éclosion de cette discipline. C’est d’ailleurs sur courte piste que s’illustre d’abord Gaétan Boucher. De son côté, Jean Grenier gravit peu à peu les échelons qui le mènent au plus haut niveau du patinage. Très impliqué au niveau de l’Union internationale du patinage, il forme un comité sur le patinage de vitesse courte piste, contribuant ainsi à sa présentation comme sport de démonstration aux Jeux olympiques de Calgary en 1988. Reconnu comme discipline officielle l’année suivante, le patinage de vitesse courte piste sera présenté officiellement la première fois lors de Jeux d’Albertville en 1992.
Les actions de Jean Grenier seront motivées par une pratique intensive du patinage au Québec. En 1978, près de 55 clubs font patiner quelque 5000 membres dans les arénas du Québec. De ce lot, plusieurs athlètes tels Louis et Benoît Baril, Louis Grenier, Guy Daigneault et Robert Dubreuil parviendront à s’illustrer au cours des années 1980. À la même époque, chez les dames, il y aura Sylvie Daigle, Maryse Perreault, Louise Bégin et Nathalie Lambert.
Alors que le patinage de vitesse sur courte piste devient discipline olympique en 1992, d’autres athlètes montront sur les podiums au cours de cette décennie. En plus de Nathalie Lambert, il faudra compter, entre autres, sur la présence d’Isabelle Charest, Angela Cutrone et Annie Perreault. Chez les hommes, parmi les membres de l’équipe canadienne, les Québécois salueront les performances de Marc Gagnon, Frédérik Blackburn et Éric Bédard.
Athlètes québécois ayant participé aux Jeux olympiques en patinage de vitesse sur courte piste:
Les compétitions de patinage de vitesse seront présentées les 13-14-15-16-17 -18-20-21-23-24-26 et 27 février 2010 à l’anneau olympique de Richmond. Il y aura des compétitions individuel hommes (500 m, 1000 m, 1500 m, 5000 m et 10 000 m), individuel femmes (500 m, 1000 m, 1500 m, 3000 m, 5000 m) et en poursuite par équipe chez les hommes et les femmes.
Dans le cadre des Jeux olympiques, le patinage de vitesse comporte douze épreuves. Pour chaque épreuve, les participants concourent une seule fois à l'exception du 500 m hommes et dames, où chaque participant concourt deux fois. Le résultat final est alors basé sur le temps total des deux manches, le gagnant étant celui qui aura réalisé le meilleur temps total. Lors de chaque épreuve, les patineurs s'affrontent par paire, patinent dans le sens contraire des aiguilles d'une montre sur une piste ovale de 400 mètres et sont chronométrés au centième de seconde près.
Dans l'épreuve de poursuite, deux équipes de trois patineurs s'élancent en même temps. Les coéquipiers prennent la tête à tour de rôle, tandis que les deux autres patineurs suivent de près le meneur afin de tirer profit des courants d'air. L'équipe a terminé sa course lorsque les trois participants ont franchi la ligne d'arrivée.
Quelques notes d’histoire sur le patinage
Au départ, le patin est avant tout un moyen de déplacement. Dans sa forme de divertissement social, le patin apparaît au Québec au début du XIXe siècle. On décèle la présence des premiers patineurs lorsque les journaux d’époque rapportent les noyades de patineur. Par exemple, le 23 décembre 1823, le journal Le Canadien publie la triste nouvelle que le fils de I. Dufresne, un résident de Beloeil, s’est noyé en patinant sur la rivière Richelieu.
Patinage sur le fleuve, Musée McCord
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, on offre aux patineurs d’autres alternatives que la surface glacée du fleuve, des lacs et des rivières. Dans les centres urbains, des entrepreneurs exploitent des « patinoirs », ronds de glace, salle à patiner et ronds à patiner. En 1856 à Québec, le Club House devient la première patinoire couverte au Québec. Trois ans plus tard, le Montreal Skating Rink est aménagé dans la métropole. En 1862, toujours à Montréal, on construit un véritable monument, le Victoria Skating Rink. Cet emplacement de deux cents pieds sur quatre-vingts et doté d'une promenade pouvant accueillir plus de 2000 spectateurs debout.
À partir des années 1860, on assiste à un véritable engouement pour le patinage. Une des activités les plus courues à l'époque est la mascarade. Plusieurs fois par années, des patineurs et patineuses se déguisent et s'exécutent au son de la musique jouée par une fanfare ou une bande militaire. Pour l'occasion, il n'est pas rare de récompenser les patineurs portant les plus beaux déguisements. On organise d’autres activités comme le patinage aux flambeaux, les feux d'artifice, les fêtes de glace. Cette atmosphère de fête est salutaire et plusieurs " patinoirs " sont aménagés afin de répondre à cette demande d'amusements. Dans les villes de Montréal, Québec, Saint-Hyacinthe, Ottawa, Drummondville, Hull, Rivière-du-Loup, Saint-Jean et Sorel, plus de 56 " patinoirs " ayant pignons sur rue sont recencés au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Véritable phénomène commercial, les patinoires couvertes étaient alors construites exclusivement pour le patinage.
Le patinage de vitesse
Au cours de cette période, on fonde des clubs de patineurs et l'on organise des courses sur glace. Le champion canadien sera déterminé de façon informelle, alors que chacun se proclame champion selon le système de défis. Par exemple, en 1870, alors que le Mont Royal Skating Rink annonce la tenue d’un championnat canadien, un dénommé D. Marsan s’oppose et se proclame champion canadien. Il met alors « au défi tous ceux qui doutent de venir le rencontrer pour un enjeu de cent piastres ».
Tout comme en patinage artistique, le patinage de vitesse est redevable au Montréalais Louis Rubenstien pour son développement. En 1887, il contribue à la fondation de l’Association de patinage amateur du Canada qui prend son aile le patinage artistique et le patinage de vitesse. Les décennies 1880-1890 seront marquées par les courses de patins de longues distances, comme les cinq et dix milles. Peu à peu, les distances deviennent plus courtes. En 1897, à Montréal, on tient une importante compétition réunissant des athlètes des États-Unis, du Danemark, de la Norvège, de la Suisse et du Canada luttant pour le Championnat du monde. Le Canadien J.K. McCulloch établit alors de nouveaux temps pour les épreuves de 1000 m, 1500 m et 5 000 m.
Louis Rubenstein, Musée McCord
À compter de 1900, l’Association de patinage amateur du Canada décide d’organiser chaque année une épreuve comptant pour le championnat canadien. L’engouement est tel que la presse sportive mentionne que les rencontres de patineurs sont les plus importantes compétitions de la saison après les parties de hockey pour la coupe Stanley. Selon l’historien Donald Guay, « à la fin du XIXe siècle, Montréal est la capitale du patinage de vitesse au Canada. Le siège social de la Canadian Amateur Skating Association se trouve à Montréal; c’est dans cette ville que se disputent les championnats du Canada et les champions patineurs du monde, c’est-à-dire de l’Occident, viennent s’y mesurer. »
Pendant une grande partie du XXe siècle, le patinage de vitesse sera l’affaire de nos compatriotes canadien-anglais. Au niveau mondial, le patinage de vitesse devient discipline olympique dès les premiers Jeux d’hiver en 1924. Huit ans plus tard, lors des Jeux de Lake Placid, le Canadien français Léopold Sylvestre et le Montréalais Alexander Hurd prennent part aux compétitions de patinage de vitesse. Ce dernier remporte une médaille d’or aux 500 m et une médaille d’argent aux 1500 m. À lui seul, il récolte deux des sept médailles remportées par le Canada lors de ces Jeux.
Gaétan Boucher, 1976
Au milieu des années 1950, le cycliste Maurice Gagné s’intéresse à cette discipline pour conserver sa forme physique en période hivernale. Affichant de bonnes qualités athlétiques, il obtient du succès sur ses longues lames. Tant et si bien qu’au cours de la période 1958 à 1971, il remporte tous les championnats du Québec et plusieurs championnats canadiens. En 1969, il devient le premier entraîneur du Club de patinage de vitesse de Ste-Foy. La fondation de ce club changera à jamais l’histoire du patinage de vitesse au Canada alors que le jeune Gaétan Boucher s’illustre à compter du début des années 1970. Les succès du Québécois aux Jeux olympiques de Sarajevo en 1980 viendront stimuler la pratique de cette discipline au Québec. À tel point que huit ans plus tard, l’équipe canadienne de patinage de vitesse aux Jeux de Calgary sera complètement québécoise avec entre autres, la présence de Sylvie Daigle qui fera sa marque en courte piste par la suite.
Athlètes québécois ayant participé aux Jeux olympiques en patinage de vitesse:
Patrick Bouchard, 1994, 1998, 2002
Sylvain Bouchard, 1994, 1998 Gaétan Boucher, 1976, 1980, 1984, 1988
Eric Brisson, 2002
Sylvie Cantin, 1998
John Philip Cassisy, 1972
Chantal Côté, 1988 Sylvie Daigle, 1980, 1984
Isabelle Doucet, 1998
Robert Dubreuil, 1992
Natalie Grenier, 1984, 1988
Albert Hardy, 1948
Clara Hugues, 2002, 2006
Alexander Hurd, 1932
Gregor Jelonek, 1988
Vincent Labrie, 2006
Benoit Lamarche, 1984, 1988
Marie-Pierre Lamarche, 1988
Arianne Loignon, 1988
Caroline Maheux, 1988
Philippe Marois, 2002
Jean Pichette, 1984, 1988
François-Olivier Roberge, 2006
Léopold Sylvestre, 1932
Guy Thibault, 1988, 1992
Jacques Thibault, 1980, 1984
Marcel Tremblay, 1988
Daniel Turcotte, 1984, 1988
Les compétitions de bobsleigh seront présentées les 20-21-23-24 -26 et 27 janvier 2010 au Centre des sports de glisse de Whisler. Il y aura une compétition de bob à quatre (hommes) ainsi qu’en bob à deux (hommes) et (femmes).
"Au départ, les athlètes poussent le bobsleigh aussi rapidement que possible sur une distance d'environ 50 mètres. Bien que cette étape ne dure que cinq secondes, elle est la partie la plus cruciale de la course. Sans un départ fulgurant, les chances de médaille sont bien minces. À la fin de l'élan, les bobeurs sautent dans le bobsleigh pour dévaler, en position assise, une piste glacée abrupte et sinueuse. Les vitesses peuvent atteindre plus de 140 km/h. Le pilote dirige la descente à l'aide de deux cordes. Ces cordes sont attachées à un boulon de direction qui permet de tourner de devant du bobsleigh. Le freineur arrête le toboggan à la fin de la descente."
Un peu d’histoire
La glissade en toboggan est une activité hivernale pratiquée depuis des lustres. Les enfants sont particulièrement friands de ces journées de plein air où l’on dévale les pentes à bord de traîneaux ou de chambres à air.
Dans sa forme sportive, le bobsleigh, qui tire son nom de l’anglais bob (se balancer) et sleigh (traîneau), apparaît vers la fin du XIXe siècle alors que l’on rassemble deux traîneaux en y ajoutant un mécanisme pour diriger cet assemblage sur les pentes. On nomme cet engin « bobsled » puisque les équipages se balancent d’avant en arrière afin d’accélérer leur descente en ligne droite. Alors que le sport attire de plus en plus des touristes fortunés, on fonde le premier club de bobsleigh au monde en 1897, à St-Moritz en Suisse. Le sport poursuit son développement et se propage dans les grands centres alpins d’Europe. Tant et si bien qu’en 1923, on ressent le besoin de fonder la Fédération internationale de Bobsleigh et Tobagganing (FIBT). L’année suivante, le bobsleigh à quatre fait son entrée aux Jeux olympiques d’hiver de Chamonix en France. Quatre ans plus tard, lors des Jeux de Lake Placid, le bob à deux sera également admis.
Au Québec et au Canada, ce sport est encore inconnu à cette époque. Cependant, au milieu des années 1950, la détermination de quelques individus amène le Canada à réaliser un véritable tour de force lors des Jeux d’hiver d’Innsbruck de 1964. En effet, lors d’un voyage en Europe, Vic Emery visite St-Moritz et y rencontre une équipe de bobeurs britanniques en route vers Cortina où se déroulent les Jeux d’hiver de 1956. Emery décide alors de se rendre en Italie afin d’assister aux Jeux. Il est rejoint par son ami Lamont Morton. Les deux Canadiens reviennent de leur périple enthousiamés par ce sport de glisse.
L’année suivante, ces deux adeptes des sports d’hiver éveillent l’intérêt de leurs amis et fondent le Laurentian Bobsleigh Club en compagnie de John Emery. Dès 1959, le club prend part à des compétitions internationales. En 1960, la formation deviendra le Canadian Bobsleigh Club. Ne disposant d’aucune forme de financement, les quinze membres du club défraient leurs dépenses et financent l’achat de quatre engins. Ils prennent la route de Lake Placid pour s’y entraîner. Les efforts portent fruit en 1962, alors qu’une équipe dirigée par Lamont Morton remporte le championnat de bobsleigh du Commonwealth. L’expérience acquise permet aux Canadiens de réunir une équipe qui sera en mesure de remporter l’or aux Jeux olympiques de 1964. Cette équipe formée des frères Vic et John Emery ainsi que de Doug Anakin et Peter Kirby remportera également les Championnats du monde l’année suivante.
En 1998, le Panthéon des sports du Québec rend hommage à cet équipage canadien en intronisant les membres de cette équipe au Temple de la renommée des sports du Québec.
Athlètes québécois ayant participé aux Jeux olympiques en bobsleigh :
Quelques notes d'histoire sur le patinage artistique
Par Paul Foisy
Lors des Jeux olympiques de Vancouver, les compétitions de patinage artistique seront présentées les 14-15-16-18-19-22-23-25et 27 février 2010 au Pacific Coliseum. Il y aura des compétitions individuel hommes, individuel femmes, en couples mixtes ainsi qu’en danse sur glace pour couples mixtes.
Aux Jeux olympiques, le patinage artistique compte quatre disciplines officielles : les épreuves pour hommes, les épreuves pour dames, les épreuves pour couple et la danse sur glace. Chaque discipline est jugée par un jury distinct composé de neuf juges de championnat membres de l’Union internationale de patinage (ISU) qui utilisent un système de pointage informatique pour mesurer la qualité de chaque performance. Avant chaque épreuve, on procède à un tirage au sort secret, afin de déterminer quels seront les juges dont les notes composeront le résultat de l’épreuve. Seules sept des neuf notes sont utilisées et on procède à un nouveau tirage pour chaque épreuve.
Pour chaque performance, les juges donnent une note pour chaque élément exécuté, ce qui compose la note technique. À la fin de chaque performance, les juges donnent des notes supplémentaires pour la présentation technique générale et les capacités de présentation du patineur, de la patineuse ou du couple. La personne ou le couple dont la note totale (notes technique et de présentation) est la plus élevée est déclaré gagnant. En plus du jury, il y a aussi des juges techniques qui déterminent le nom et le niveau de difficulté de chacun des éléments exécutés, au cours de la performance. Ce comité est composé d’un spécialiste technique, d’un spécialiste technique adjoint et d’un contrôleur technique. Aux Jeux olympiques, le patinage artistique compte quatre disciplines officielles : les épreuves pour hommes, les épreuves pour dames, les épreuves pour couple et la danse sur glace. Chaque discipline est jugée par un jury distinct composé de neuf juges de championnat membres de l’Union internationale de patinage (ISU) qui utilisent un système de pointage informatique pour mesurer la qualité de chaque performance. Avant chaque épreuve, on procède à un tirage au sort secret, afin de déterminer quels seront les juges dont les notes composeront le résultat de l’épreuve. Seules sept des neuf notes sont utilisées et on procède à un nouveau tirage pour chaque épreuve.
Un peu d’histoire
Au départ, le patin est avant tout un moyen de déplacement. Dans sa forme de divertissement social, le patin apparaît au Québec au début du XIXe siècle. On décèle la présence des premiers patineurs lorsque les journaux d’époque rapportent les noyades de patineur. Par exemple, le 23 décembre 1823, le journal Le Canadien publie la triste nouvelle que le fils de I. Dufresne, un résident de Beloeil, s’est noyé en patinant sur la rivière Richelieu.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, on offre aux patineurs d’autres alternatives que la surface glacée du fleuve, des lacs et des rivières. Dans les centres urbains, des entrepreneurs exploitent des « patinoirs », ronds de glace, salle à patiner et ronds à patiner. En 1856 à Québec, le Club House devient la première patinoire couverte au Québec. Trois ans plus tard, le Montreal Skating Rink est aménagé dans la métropole. En 1862, toujours à Montréal, on construit un véritable monument, le Victoria Skating Rink. Cet emplacement de deux cents pieds sur quatre-vingts et doté d'une promenade pouvant accueillir plus de 2000 spectateurs debout.
Le Victoria Skating Rink. Source: Musée McCord
À partir des années 1860, on assiste à un véritable engouement pour le patinage. Une des activités les plus courues à l'époque est la mascarade. Plusieurs fois par années, des patineurs et patineuses se déguisent et s'exécutent au son de la musique jouée par une fanfare ou une bande militaire. Pour l'occasion, il n'est pas rare de récompenser les patineurs portant les plus beaux déguisements. On organise d’autres activités comme le patinage aux flambeaux, les feux d'artifice, les fêtes de glace. Cette atmosphère de fête est salutaire et plusieurs " patinoirs " sont aménagés afin de répondre à cette demande d'amusements. Dans les villes de Montréal, Québec, Saint-Hyacinthe, Ottawa, Drummondville, Hull, Rivière-du-Loup, Saint-Jean et Sorel, plus de 56 " patinoirs " ayant pignons sur rue sont recencés au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Véritable phénomène commercial, les patinoires couvertes étaient alors construites exclusivement pour le patinage.
Le patinage artistique
Au cours de cette période, on fonde des clubs de patineurs et l'on organise des courses sur glace. Mais en plus des courses, un nouveau phénomène prend forme. En effet, en 1864, l’Américain Jackson Haines, le plus grand patineur de « fantaisie » de cette époque vient faire des démonstrations de son art tiré de la danse. Peu à peu, des patineurs imitent Haine et un dénommé Lord fait des démonstrations sur les patinoires montréalaises.
Il faut saluer la présence de Louis Rubenstein, un Montréalais qui devient la figure de proue du patinage au Canada. Au début des années 1870, il fait un voyage en Europe et s’initie au patinage artistique par le maître Haines. De retour à Montréal, il devient membre du Victoria Skating Ring en 1878 et remporte sa première compétition de patinage artistique. En 1887, il contribue à la fondation de l’Association de patinage amateur du Canada qui prend son aile le patinage artistique et le patinage de vitesse. Rubenstein sera champion canadien de patinage artistique de 1888 à 1890 et champion américain en 1888 et 1889. En Russie, au cours du mois de février 1890, il remporte ce que l’on considère comme le premier champion du monde de patinage artistique. Il faudra cependant attendre la création de l’International Skating Union en 1892 afin que les championnats deviennent officiels.
En 1914, un organisme distinct de l’Association de patinage amateur du Canada est créé sous le nom de Division de patinage artistique de l’Association de patinage amateur du Canada. Le club montréalais Earl Grey fut un des premiers membres de la Division. La même année, on organise à Montréal le premier championnat canadien « officiel » de patinage artistique. En 1939, la Division prend le nom de l’Association canadienne de patinage artistique.
Le patinage artistique devient une discipline olympique avant même la tenue de Jeux olympiques d’hiver. Le premier concours olympique de cette discipline se tient à Londres en 1908. Il sera de retour en 1920 aux Jeux d’Anvers et deviendra le premier sport olympique d’hiver lors de la création des Jeux en 1924.
En 1948, la Canadienne Barbara Ann Scott devient la première Nord-Américaine à remporter les titres de championne canadienne, européenne, mondiale. Ses succès, additionnés à son triomphe aux Jeux olympiques de St-Moritz, contribueront grandement à la diffusion du patinage artistique au Québec et au Canada.
Plus près de nous, en 1999, le Panthéon des sports du Québec rend hommage à Isabelle Brasseur et Lloyd Eisler, en les intronisant au Temple de la renommée des sports du Québec. Au cours de leur carrière, le couple a remporté 28 médailles lors de différents championnats nationaux et internationaux. Leur palmarès est éloquent, Isabelle et Lloyd détiennent cinq championnats canadiens et cinq médailles en championnats mondiaux, dont une d’or à ceux de 1993, et deux de bronze aux Jeux olympiques de 1992 et 1994.
Athlètes québécois ayant participé aux Jeux olympiques en patinage artistique:
Les compétitions de ce sport de glisse seront présentées du 13 au 17 février au Centre des sports de glisse de Whisler. Il y aura une compétition en simple hommes, en simple femmes ainsi qu’en double ouverte aux hommes et aux femmes.
En luge, les compétiteurs s’assoient sur leur traîneau ouvert fait de fibre de verre moulée, puis tiennent des poignées de glace et se balancent d’avant en arrière de façon à être prêts à s’élancer au signal de départ. Après s’être élancés, les lugeurs utilisent des gants à pointes sur la glace pour prendre un élan avant de se coucher sur le dos, les pieds allongés devant eux et la tête vers l’arrière pour atteindre la forme la plus aérodynamique possible. Les lugeurs pilotent leur luge en bougeant légèrement les jambes et les épaules. Pour freiner, ils s’assoient, baissent les jambes et tirent sur les patins du traîneau.
Quelques notes d'histoire
La luge est d’origine suisse. Elle apparait Europe au XVIe siècle alors qu’on fabrique un traineau qui ressemble aux luges d’enfants que l’on connaît aujourd’hui. La première compétition officielle de luge a lieu en 1883 entre les villages suisses de Davos et de Kloster. Lors de ce concours, 21 concurrents représentant l’Australie, l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse se disputent la victoire. Deux lugeurs terminent à égalité en parcourant les 4 kilomètres dans un temps de 9 min 15 s, soit une moyenne de 26 km/heure.
C’est en 1913 que l’on fonde le Club international de luge à Dresde en Allemagne. On y aménage une piste et l’année suivante, on présente les premiers championnats d’Europe. Le sport rejoint les rangs de la Fédération internationale de bobsleigh et de tobogganning (FIBT) en 1935. Vingt ans plus tard, on présente les premiers championnats du monde. En 1957, la luge se sépare du bobsleigh et l’on crée la Fédération internationale de luge de course (FIL). Malgré ses racines européennes, la luge devient un sport olympique en 1964 lors des d’Innsbruck.
Mais déjà au Canada, des adeptes du bobsleigh s’adonnent également à la luge. Par exemple, le bobeur Vic Emery, intronisé au Temple de la renommée des sports du Québec en 1998, pratique ce sport sur un parcours de ski au Québec. Cet athlète sera le premier champion canadien de luge.
Lors des Jeux d’Innsbruck en 1964, le Canada n’envoie pas d’équipe dans cette nouvelle discipline. Quatre ans plus tard, Linda Crutchfield, intronisée au Temple de la renommée des sports du Québec en 1993, fait partie des 71 membres de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques de Grenoble. Cette athlète originaire de Shawinigan est membre de l’équipe canadienne de ski alpin de 1959 à 1965. En 1967 et 1968, en plus de pratiquer le ski alpin et le ski nautique, cette adepte de vitesse fait de la luge. Tant et si bien qu’elle sera championne nord-américaine en 1968 et obtiendra une 10e position aux Jeux de Grenoble.
Aujourd’hui, les lugeurs qui glissent sur piste réfrigérée atteignent des vitesses dépassant les 140 kilomètres/heure. Dans certains virages, ils doivent encaisser des forces g de 5, ce qui constitue une force cinq fois supérieure à leur poids corporel. Un sport extrême s’il en est un, bien avant que l’expression ne soit à la mode!
Athlètes québécois ayant participé aux Jeux olympiques en luge :
Arbuthnot, Larry 1968, 1972, 1976 Benoit, André 1988, 1992 Crutchfield, Linda 1968 Diplock, Martha 1968 Doyon, Marie-Claude 1988 Keyes, Carole 1976, 1980, 1984 Labrecque, Nil 1988 Nadeau, Danielle 1980 Shragge, Michael 1976 Walter, Phillis 1968